L’art minimaliste : Qu’est-ce que c’est ?

L’art minimaliste est avant tout un style sculptural, qui se caractérise par la répétition de formes et de volumes, et souvent par l’absence de signature personnelle de l’artiste.

Les œuvres d’art minimalistes consistent en des formes simples, géométriques ou stéréométriques, qui peuvent être réduites à des carrés ou des rectangles. Ces formes sont souvent répétées, créant ainsi une structure. La méthode de production semble industrielle, mais en réalité, les matériaux sont purs : fer, bois, pierre ou lumière. Les cadres et les socles font souvent défaut.

Les origines de l’art minimaliste

Dans les années 1960, l’idéal expressionniste abstrait est considéré comme pompeux par une nouvelle génération d’artistes. Ils ont alors rejeté l’approche subjective de l’art et ont commencé à créer des œuvres sans signification profonde ni réflexion personnelle. D’abord en peinture, puis en sculpture notamment, les artistes ont commencé à travailler dans des formes géométriques simples.

L’art n’avait pas de signification profonde ou d’interprétation personnelle, c’était ce que vous voyiez qui prenez une vraie valeur artistique. L’utilisation de matériaux simples et industriels confère à ces œuvres une affinité spéciales avec le land art et les ready-mades de Duchamp.

Ce mouvement a été appelé « minimalisme » en 1965. À l’époque, l’art minimal n’était pas un groupe fixe d’artistes travaillant ensemble, mais plutôt une tendance utilisée par de nombreux artistes.

L’art minimaliste et ses objectifs

Les artistes minimalistes veulent avant tout réaliser un travail qui se suffit à lui-même. Ils pensent qu’il faut essayer de faire en sorte que l’art ne ressemble jamais à autre chose.Autrement dit pour l’art minimaliste, lorsque l’on fabrique une œuvre pour imiter quelque chose d’autre, le résultat est toujours inférieur à ce que l’on essaie de recréer. C’est pourquoi en outre, que beaucoup des œuvres en art minimaliste n’ont pas de titre.

L’idée aussi est que le public doit interpréter l’œuvre en autonomie, sans aucune suggestion de la part de l’artiste.

De cette façon, l’artiste implique son public dans son œuvre et lui propose une expérience artistique subjective.

À partir de l’art minimaliste, la manière traditionnelle de présenter l’art est complètement remise en question. La fabrication et

Une grande partie de ce qui a été également discuté dans le cas de l’abstraction post-peinture est également applicable à l’art minimaliste. En fait, la « ligne de développement » de l’abstraction va de De Stijl (Mondrian et Van Doesburg), du constructivisme russe (Malevitch) et du Bauhaus à l’art conceptuel, en passant par l’expressionnisme abstrait.

À la rencontre de Sol Lewitt

Sol LeWitt (1928-2007) est un artiste américain qui a réalisé des cubes en série. Ce sont des sculptures minimalistes. LeWitt n’utilisait que des formes géométriques car il estimait que c’étaient les seules qui n’évoquaient pas d’associations. Ces sculptures sont le point zéro de la sculpture, on ne peut pas faire moins. La sculpture est ramenée à son essence, c’est-à-dire la tridimensionnalité.

Il a également fabriqué des « squelettes » de cubes, dont les coins ont été laissés de côté. Il s’agit de poutres en aluminium, recouvertes d’un émail blanc. LeWitt voulait ainsi encourager nos cerveaux à découvrir des choses, à remplir ce qui ne peut être vu.

À partir de 1968, Sol LeWitt réalise des wall drawings, des dessins muraux : des compositions strictement schématiques aux lignes rythmées. Comme pour ses sculptures, les dessins sont construits selon des règles simples et à partir d’éléments de base : quatre formes de base de la ligne droite : horizontale, verticale et deux diagonales. Dans ses œuvres en couleur, il revient également à l’essentiel en utilisant uniquement les trois couleurs primaires et le noir.

Plus rarement, le titre d’une œuvre de Sol LeWitt peut vous indiquer sur quel concept elle est basée.

À la rencontre de l’artiste minimaliste Stella

Un des premiers artistes importants de l’art minimaliste s’appelle Frank Stella, qui réalisait des peintures entièrement noires. A noter que, Ad Reinhardt a également réalisé des peintures noires, dans lesquelles le motif des carrés noirs n’est visible que si l’on regarde l’œuvre pendant un certain temps. Les couches de peinture sous la couche supérieure noire ne deviennent visibles que lorsque vos yeux s’y habituent.

Plus tard, Stella a également réalisé des peintures dans d’autres couleurs, dans lesquelles il a adapté la forme de la toile au dessin de son œuvre. Ces « toiles façonnées » sont donc une sorte de transition de la 2D à la 3D. Le minimalisme allait devenir un mouvement artistique majeur et en 3 dimensions. La sculpture n’avait guère connu d’évolution depuis le cubisme, mais la tendance minimaliste se prêtait à de nouvelles expériences artistiques.

En plus de la peinture et de la sculpture traditionnelles, de nouveaux matériaux ont été utilisés pour créer des œuvres minimalistes. Dan Flavin, par exemple, est devenu célèbre avec des œuvres d’art réalisées à partir de tubes fluorescents.

La musique minimaliste

La musique minimaliste a des influences très différentes : notamment la musique traditionnelle Indienne, d’Afrique ou encore  les méthodes de composition expérimentales de John Cage.

Les musiciens américains Glass et Steve Reich, en particulier, ont appliqué des processus mécaniques (tels que des séquences mathématiques) dans leurs premiers travaux, ce qui a donné lieu à des créations sonores hypnotiques. !

Comment le minimalisme musical s’est-il développé par la suite ?

Dans les années 1960, Reich, Glass et leurs acolytes ont strictement respecté les règles du processus qu’ils s’étaient eux-mêmes imposées. Cependant, presque tous les minimalistes abandonneront au début des années 1970, l’objectivation et n’utiliseront la répétition que comme un procédé stylistique, ce qui ouvrira la voie à des compositeurs tels que Louis Andriessen, John Adams, Michael Nyman et les populaires Arvo Pärt, John Tavener et Henryk Górecki.

Musée : Où voir de l’art minimaliste ?

Aux Pays-Bas, l’art minimaliste a toujours fait l’objet d’une grande attention grâce au Stedelijk Museum, qui possède une importante collection d’art minimal. Le musée Boijmans van Beuningen présente également des œuvres d’art minimal d’exception. En dehors des Pays-Bas, les plus belles collections d’art minimaliste se trouvent au Museum of Modern Art de New York et au Tate Modern de Londres.

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